Biographie de Robert Cassan
Je vis en Cévennes depuis 1972. J’aurai bientôt soixante cinq ans. Les mouvements "de jeunesse", j'y ai mis les pieds en 1968 avec la "JEEP" à Nimes et le "CPCV"( Comité Protestant de camps de vacances et Jeunes équipes d'éducation populaire)Nous nous relayons, à l'époque, dans un centre social, à la Croix d'Argent, à Montpellier, chaque jeudi.
Après de études de psycho, je suis parti dans les Cévennes, en 72. Là, vers Monoblet, j’ai vécu quelques années proches de gamins qui étaient en mal de langage, autistes, à aider et mettre en place des lieux et des modes de vie liés à leurs présences, à participer également à l’élaboration du film : « Ce gamin, là » de Renaud Victor et Fernand Deligny, réalisé en 1975. Puis il a bien fallu gagner sa vie. J’ai travaillé comme berger transhumant et éleveur de moutons pendant une vingtaine d’années. J'y ai gagné un fils, Grégoire. Plus tard j'ai travaillé comme moniteur de Judo. Et nous avions fondé une petite association : "Judo vivant" qui transportait ses tapis sur les routes cévenoles, de vallée en vallée. Nous avions fait un film: "Le cercle de craie", Claude Castelain en était le réalisateur.
En 99 j'ai une caméra à disposition: je filme l'accueil d'un gamin autiste en lieu de vie pendant deux ans. Le montage du film "D'ombre et de lumière" est achevé aujourd'hui...quinze après.
Par ailleurs je découvre l'Afrique de l'Ouest, le Burkina Faso. Je filme tout ce qui m'apparaît bon dans le cadre: la brousse, les pêches, les rituels, les fêtes villageoises. Une deuxième caméra a succédé à la première mise à mal par la poussière. Premier montage: c'est "Barrer la route" en 2004, un film sur un conflit foncier en brousse à l'initiative d'un ethnologue en mission en pays winye, Jean-Pierre Jacob. Entre-temps un film sur les jardins collectifs de St Jean-du-Gard - avec l'association Ricochet- en Cévennes me permet de repartir. " Droits de pêche en pays wynie"* -voit le jour en 2007, film sur l'accès aux ressources naturelles en poissons dans la région de Petit Balè en centre-ouest du Burkina Faso) Je rencontre ma compagne, Aminata, à Ouagadougou.
Puis vient "N'na, la mère de Réo **en 2009, le film relate la résistance obligée d'une accoucheuse en brousse attachée à son travail et plébiscitée par la population. Elle exerçait encore à 75 ans malgré l'opposition de l'administration locale et les nouvelles politiques sanitaires en vigueur.
En 2008 naît notre fille, Yasmine, et l'association Jomo Production, le mois suivant. Jomo, en winye, c'est le masque mère, celui qui donne naissance aux autres masques de sa lignée.
Nous avons achevé "La priorité des priorités " en 2012, film qui tente de décrire l'accès des aides hospitalières par les indigents du Boulkiemdé, au CHR de Koudougou, toujours au Burkina Faso, un film initié par le Laboratoire Citoyennetés à Ouagadougou.
« Les Messagers de l'eau », film qui a pour lieu le pays winye et pour thèmes les usages et traditions qui le constituent, naît en contre-point de ces voyages et de ces films. Il est toujours en cours de réalisation
Le projet "Messagers" voit le jour: favoriser l'approche des outils artistiques et les mettre à disposition des enfants au Burkina Faso par le biais d'ateliers et, entre autres, par la création d'un "journal de l'étranger" qui soit aussi partagé par les enfants des Cévennes.Reste à s'en donner les moyens.Parfois je me dis que l'âne va toujours au bout de sa corde. Là, elle est tressée d'images, à n’en plus finir.
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