Savoirs populaires et initiatiques
Sources Pratiques et savoirs
SÉRIE DOCUMENTS DE TRAVAIL SÉRIE TRAVAIL
DT-CAPES N° 2005-20
Pratiques et savoirs paysans au Burkina Faso :
Une présentation de quelques études de cas
Juillet 2005
Basga Emile DIALLA, Sociologue/emile_dialla@yahoo.fr
1595, Avenue Charles de Gaulle, 01 BP 1919 Ouagadougou 01 Burkina Faso
Tél. : 50 36 96 14/32 – Fax : 50 36 96 33 – courrier@capes.bf – www.capes.bf
CAPES
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SOMMAIRE
Rubriques Page
AVERTISSEMENT................................................................................................................ 3
Introduction ............................................................................................................................. 4
Cas 1 : Rotation de cultures (système de production).......................................................... 4
Cas 2 : Association de cultures (système de production)..................................................... 5
Cas 3 : L’appropriation de la terre........................................................................................ 6
Cas 4 : L’accès de la femme à la terre ................................................................................... 7
Cas 5 : Classification des sols ................................................................................................. 7
Cas 6 : Contrôle de l’érosion des sols .................................................................................... 8
Cas 7 : Les cordons pierreux (contrôle de l’érosion des sols)............................................ 10
Cas 8 : La technique du zaï................................................................................................... 10
Cas 9 : Agroforesterie ........................................................................................................... 11
Cas 10 : Multiplication naturelle de acacia albida par drageonnage, induit ................... 12
Cas 11 : Traitement de la rougeole ...................................................................................... 13
Cas12 : Les feuilles de papayer soignent plusieurs pathologies ........................................ 13
Cas 13 : Le semellier (pied de chameau) guérit différents maux...................................... 14
Cas 14 : Traitement d’une morsure de serpent.................................................................. 14
Cas 15 : Classification des maladies animales .................................................................... 15
Cas 16 : Organisation traditionnelle d’entraide................................................................. 16
Cas 17 : Système de communication autochtone : les soufflets......................................... 17
Cas 18 : Système de communication autochtone : le tambour.......................................... 18
Cas 19 : Savoir local en matière de prédiction des pluies.................................................. 19
Cas 20 : Savoir local en matière de production du fer....................................................... 21
Conclusion............................................................................................................................. 22
Bibliographie......................................................................................................................... 23
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AVERTISSEMENT
Le Document de Travail du Centre d’Analyse des Politiques Economiques et Sociales
(CAPES) est constitué des travaux de recherche (travaux semi-finis, drafts d’articles,
communications diverses…) des experts du Centre, qui les soumettent de la sorte au débat
scientifique.
Les auteurs des travaux publiés dans la Série Document de Travail sont entièrement
responsables de leur contenu.
Le Document de Travail paraît chaque fois que des travaux sont reçus à la direction du Centre.
Introduction
Les pratiques et savoirs paysans, ou connaissances des populations rurales, constituent un
capital qui a des vertus potentielles à même d’impulser le développement. Il s’agit donc
d’identifier les aspects bénéfiques de ces savoirs locaux ainsi que ceux qui peuvent être
améliorés à travers les technologies issues de la science. C’est pour n’avoir pas pris en compte
ces aspects bénéfiques des savoirs locaux que bon nombre de projets initiés dans les pays en
développement n’ont pas connu le succès attendu. En effet, la réussite d’un projet de
développement dépend souvent de la participation locale. La familiarisation avec les savoirs
paysans facilite la compréhension et la communication entre les agents de développement et la
population locale, augmentant ainsi les possibilités d’une approche de développement
participative et durable. La prise en compte des savoirs locaux permet au personnel du projet et
à la population locale de travailler comme partenaires dans la planification et l’exécution des
tâches de développement, ce qui augmente assurément les chances de succès du projet.
Le but de ce document est d’illustrer cet aspect des pratiques et savoirs paysans à travers une
présentation de quelques études de cas au Burkina, mettant en exergue les savoirs locaux
comme gisements insuffisamment exploités et comme facteurs d’impulsion du développement.
Cette présentation redonnera ainsi vie à des approches traditionnelles d’une efficacité
inattendue.
Les cas présentés, qui soulignent l’importance, l’utilité et la pertinence des savoirs locaux,
concernent des domaines aussi variés que l’agriculture, l’appropriation de la terre en milieu
traditionnel, l’environnement (la gestion des ressources naturelles notamment), la santé
humaine et animale, l’organisation traditionnelle d’entraide, les systèmes de communication
autochtones, la prédiction traditionnelle des pluies et la production ancestrale du fer. Pour
chaque cas, les détenteurs des connaissances ou de la pratique sont identifiés, la pratique ellemême
est brièvement décrite avec les enseignements qu’on en tire, les méthodes utilisées pour
documenter le cas et la source sont indiquées.
Cas 1 : Rotation de cultures (système de production)
Détenteurs des connaissances : Les Nouni dans le village de Bagounsio (Sissili, Burkina
Faso).
Description : Les Nouni dans le village de Bagounsio, Province de la Sissili, sont très sensibles
aux variations en matière de fertilité du sol qu’ils observent sur leurs parcelles. Ils pratiquent la
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rotation de cultures qui est une succession des cultures sur une même parcelle année après
année.
Cette succession peut se faire dans un ordre bien déterminé ou non. Chez les Nouni, la rotation
se fait à travers la succession igname – sorgho – maïs - mil sur la même parcelle. De l’avis des
agriculteurs Nouni, cultiver la même spéculation successivement sur la même parcelle dégrade
le sol, et sa fertilité diminue.
Enseignements : Les bénéfices que les Nouni tirent de la rotation de cultures sont : produire
plus pour chaque spéculation engagée, minimiser le risque et surtout maintenir la fertilité du
sol.
C’est une pratique très simple qui procure les mêmes bénéfices à toute autre communauté qui
l’utiliserait.
Les partenaires au développement devraient en savoir plus concernant cette pratique parce
qu’elle symbolise la stratégie d’adaptation et de sauvegarde des ressources naturelles chez les
Nouni. En savoir plus sur la pratique permet aux organisations de développement d’intervenir
plus efficacement dans la communauté concernée.
Méthodes utilisées : Enquêtes auprès des agriculteurs Nouni, interview.
Source : Poda, K. David (1989), ‘‘Etude des systèmes de production agricole dans la Province
de la Sissili : Analyse des systèmes de culture chez les Nouni, Mossi, Peulh dans le village de
Bagounsio’’, Mémoire de fin d’études/Agronomie, IDR, Université de Ouagadougou, juin,
M4290.
Cas 2 : Association de cultures (système de production)
Détenteurs des connaissances : Les groupes Songhay, Moose et Kurumba d’Aribinda dans le
nord du Burkina Faso.
Description : A Aribinda, les agriculteurs recherchent un rendement optimal en cultivant sur la
même parcelle des variétés à cycle long et des variétés à cycle court, qu’il s’agisse de mil ou de
sorgho. Ces compromis conduisent à répartir les risques entre un grand nombre de variétés et à
augmenter ainsi les chances de récolte. Les semences de mil de cycles différents étant mêlées
puis semées sur une même parcelle, la récolte est effectuée au fur et à mesure de la maturation.
En spéculant sur la combinaison des cycles végétatifs, ces agriculteurs s’assurent une certaine
sécurité et réduisent ainsi les risques liés aux aléas de la pluviométrie.
Enseignements : La pratique traditionnelle d’association de cultures pratiquée à Aribinda
permet la restauration des sols et est perçue comme un gage de sécurité pour les agriculteurs de
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cette région au sens où, si une spéculation venait à être défaillante, au moins l’autre spéculation
peut bien donner.
Le bénéfice essentiel de la sécurité alimentaire que procure cette pratique fait qu’elle est
utilisée par les autres communautés du Burkina Faso.
En savoir plus sur cette pratique pour un organisme de développement, c’est également en
savoir plus sur le profil socio-économique des agriculteurs concernés qui, face à l’adversité de
la nature, ont su développer des stratégies de survie. Bien connaître le profil des membres de la
communauté permet une meilleure orientation des actions d’intervention en leur faveur.
Méthodes utilisées : Observations, interview d’agriculteurs de la région d’Aribinda.
Source : Guillaud, Dominique (1993), ‘‘L’ombre du mil : un système agropastoral sahélien en
Aribinda (Burkina Faso)’’, Editions de l’ORSTOM, Collection A travers Champs, Paris.
Cas 3 : L’appropriation de la terre
Détenteurs des connaissances : Chefs de terre, Chefs de village au Burkina Faso.
Description : Dans les collectivités rurales traditionnelles au Burkina Faso, les terres sont
occupées et appropriées au nom de tout le groupe ethnique, clanique ou familial. Cette
appropriation peut se faire avec ou sans violence. Le droit de propriété collective est exercé
partout par le même personnage, le chef de terre ou «Tengsoaba» chez les Moose. Dans les
coutumes foncières, le chef de terre est le plus proche descendant du premier occupant des
lieux. En cette qualité, il est l’intermédiaire entre les vivants, les parents morts et les puissances invisibles copropriétaires des terres occupées. Le chef de terre distribue les terres aux familles, aux ménages et aux individus selon leurs besoins ; tout membre du groupe propriétaire collectif a un droit d’usage et d’exploitation permanent de père en fils ; les étrangers intégrés reçoivent des terres mais sous forme de prêt. Leurs droits restent provisoires et précaires.
Enseignements : Le droit coutumier foncier a certainement été très fonctionnel dans nos
communautés rurales traditionnelles, mais de nos jours, avec la pression démographique sur les terres et l’affirmation par la Réorganisation Agraire et Foncière (RAF) que la terre appartient à l’Etat, ce droit coutumier pose problème. C’est ce qui explique que les textes de la RAF aient connu à ce jour deux relectures, ceci dans le sens de leur adaptation au contexte socioculturel du Burkina Faso.
La parfaite connaissance de cet état de fait est capitale pour les partenaires au développement
qui devraient tenir compte de cette donne dans leurs interventions au bénéfice de populations
qui bien souvent, s’estiment en situation d’insécurité foncière.
Méthodes utilisées : Observations, interview de chefs de terre.7
Source : Ouédraogo, Souleymane (1993), ‘‘Quel(s) régime(s) foncier(s) pour les
aménagements hydro-agricoles’’ ? Ouagadougou, Burkina Faso, juin, (IIMI).
Cas 4 : L’accès de la femme à la terre
Détenteurs des connaissances : Chefs de terre, chefs de villages.
Description : Le droit coutumier foncier exclut la femme quant à l’appropriation de la terre. La
femme exploite la terre sous le couvert de son mari, chef de famille. Bien que les dispositions
de la Réorganisation Agraire et Foncière au Burkina Faso ouvrent l’accès à la terre pour tous,
les traditions demeurent encore vivaces en milieu rural où la femme reste confinée dans une
situation d’utilisatrice temporaire de la terre.
Enseignements : Cette discrimination sur la base du sexe gagnerait à être corrigée quand on
sait que les femmes représentent environ 52% de la population au Burkina Faso, et qu’elles
abattent l’essentiel des tâches domestiques et champêtres. Les organismes de développement
doivent se pénétrer de cette réalité et tenir compte de cette donne lorsqu’ils initient des actions
de développement en milieu rural. Occulter donc l’aspect genre dans ce contexte serait très
dommageable en termes d’intervention qui se veut durable.
Méthodes utilisées : Interview des femmes rurales de Goni, du chef de terre et du chef de
village.
Source : Dakié, K. (1998), ‘‘La femme et la terre à Goni, un village de la Kossi’’, Arbre et
Développement, Direction de la Foresterie Villageoise et de l’Aménagement Forestier,
Cas 5 : Classification des sols
Détenteurs des connaissances : Les Moose du Yatenga (villages de Ranawa et Aorêma).
Description : Bien des études et de recherches ont mis en exergue l’importance et l’utilité des
classifications traditionnelles des sols en ce qu’elles ont un lien avec la production agricole. Sur la base d’une thèse de doctorat sur la classification traditionnelle et la conservation des sols, il est décrit ici le système de classification traditionnel des sols chez les Moose. Les différents
types de sols identifiés par les agriculteurs Moose reposent sur des caractéristiques telles que la
texture du sol, sa couleur, sa consistance, sa localisation géographique, le drainage et sa
fertilité. Quatre classes principales de sols ont été ainsi distinguées par les agriculteurs Moose.
Ce sont :
(1) Zî-kugri (sol graveleux ou caillouteux) ;
(2) Zî-bîisri (sol sablonneux) ;
(3) Zî-bolle (sol argileux) ;
(4) Bâoogo (bas-fond).
A ces classes de sols correspondent des spéculations bien précises quant à leur production
adéquate. C’est ainsi que Zî-kugri (sol caillouteux) et ses dérivés comme Zî-miuugu (sol rouge)
sont des sols de qualité moyenne où poussent assez bien le petit mil et le haricot (niébé). Zîbîisri
(sol sablonneux) est par contre, fortement recommandé pour la culture de l’arachide et
des pois de terre, tandis que les deux autres classes de sol (Zî-bolle ou sol argileux, Bâoogo ou
bas-fond) et leurs dérivés sont de très bonnes terres où réussissent particulièrement bien des
spéculations telles que le sorgho rouge et le sorgho blanc. Par contre, Zî-peelle (sol blanc) ou
poche de clairière, est un sol pauvre où presque rien ne pousse.
Enseignements : Cette classification permet aux agriculteurs Moose une meilleure utilisation
des terres au regard des spéculations qui y correspondent, ceci dans le sens d’une plus grande
productivité et d’une minimisation du risque.
La classification traditionnelle des sols est une pratique courante utilisée par toutes les
communautés rurales du Burkina Faso, ceci pour les mêmes raisons ci-dessus évoquées.
Pour un organisme de développement, cette classification peut servir de guide pour des actions
d’intervention. En outre, l’utilisation des noms locaux supprime les barrières linguistiques et
facilite la communication entre la communauté locale et les partenaires au développement.
Méthodes utilisées : Interview d’agriculteurs Moose de Ranawa et Aorêma.
Source : Dialla, B. Emile (1993), ‘‘The Mossi indigenous soil classification in Burkina Faso’’,
IK Monitor 1 (3) CIRAN.
Autre source : Projet PATECORE, BP 271, Kongoussi, Tél. (226) 50-45-71-43, Burkina Faso.
Cas 6 : Contrôle de l’érosion des sols
Détenteurs des Connaissances : Les Moose du Yatenga (Villages de Ranawa et Aorêma).
Description : Concevoir des techniques antiérosives à partir du savoir paysan augmente le taux d’adoption de ces techniques par les agriculteurs du Burkina Faso. Les pratiques traditionnelles de conservation des sols sont écologiquement pertinentes et doivent être prises en compte quand on veut introduire des techniques agricoles modernes. Cet écrit nous montre comment de petits exploitants agricoles Moose au Burkina Faso ont préféré des techniques antiérosives conçues sur la base des systèmes de conservation traditionnels des ressources naturelles, à celles nouvellement introduites.
Il s’agit des techniques traditionnelles suivantes :
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(1) Fumure organique, ou épandage d’excréments d’animaux dans le champ ;
(2) Paillage, ou épandage d’herbe dans le champ ;
(3) Cordons pierreux, ou alignement de pierres autour ou à travers le champ suivant les courbes
de niveau ;
(4) Jachère, ou arrêt d’exploitation du sol pendant un certain temps afin de favoriser sa
régénération ;
(5) Zaï, qui consiste à creuser en quinconce tous les 80 à
diamètre et de 15 à
déposer plus tard les graines de semence ; les trous permettent ainsi de retenir l’eau.
Ces techniques traditionnelles sont opposées à celles nouvellement introduites telles que :
(1) Diguettes en terre, ou monticules de terre en bandes servant de barrières ;
(2) Haie vive, qui consiste à planter des arbustes autour du champ afin de maintenir sur place
les résidus des récoltes ;
(3) Bandes enherbées, opération consistant à laisser des bandes d’herbe d’un mètre de large
avec environ
(4) Reboisement, ou plantation d’arbres sur les pentes du terrain pour freiner le ruissellement
de l’eau ;
(5) Agroforesterie, ou le maintien des arbres dans le champ d’exploitation.
Enseignements : La vulgarisation de techniques agricoles telles que les pratiques de
conservation des sols est facilitée quand celles-ci sont compatibles avec les pratiques et savoirs
paysans. Pour les agriculteurs Moose des villages de Ranawa et Aorêma, tout comme pour les
autres communautés rurales du Burkina Faso, plus une pratique est familière, moins elle est
risquée.
Il s’agit d’une approche ascendante base-sommet que tout partenaire au développement qui vise
des actions réellement durables devrait adopter. Cette approche implique les communautés de
base et améliore ainsi les prestations de l’organisme intervenant.
Méthodes utilisées : Interview d’agriculteurs Moose de Ranawa et Aorêma.
Source : Dialla, B. Emile (1994), “The adoption of soil conservation practices in Burkina
Faso”, IK Monitor 2 (1) CIRAN).
Autre Source : Marchal, Jean Yves (1986), ‘‘Vingt ans de lutte antiérosive au nord du Burkina
Faso’’, Cahiers ORSTOM, Série Pédologie XXII (2) : 173-180.
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Cas 7 : Les cordons pierreux (contrôle de l’érosion des sols)
Détenteurs des connaissances : Les paysans Moose du Yatenga.
Description : Les cordons pierreux sont une pratique traditionnelle de lutte contre l’érosion
développée par les agriculteurs Moose du Yatenga. C’est une pratique à la mode et qui consiste à aligner judicieusement les pierres à travers le champ et suivant les courbes de niveau. Le principe des cordons pierreux est de freiner la vitesse des eaux de ruissellement en nappe, d’infiltrer au maximum ces eaux dans le sol, et d’évacuer les excédents.
Ce cas à succès est d’autant plus frappant que le programme massif de restauration des sols au
Yatenga financé par le Fonds Européen de Développement au début des années
parce qu’il n’y avait eu aucune implication des villageois.
Enseignements : Cette pratique a donné les preuves de son efficacité au Yatenga en ce sens
qu’elle a permis de récupérer des sols dégradés ou jusque-là inaptes à la culture, et contribuer à
augmenter substantiellement la production agricole.
La pratique des cordons pierreux est si efficace qu’elle a été adoptée par presque toutes les
autres communautés du Burkina Faso, mais également par des communautés de pays voisins
comme le Niger qui en tirent les mêmes bénéfices que les paysans du Yatenga.
Les partenaires au développement devraient en savoir plus à propos de cette pratique pour non
seulement contribuer à l’améliorer mais surtout apporter un appui logistique aux paysans quant
au concassage et au ramassage des pierres.
Méthodes utilisées : Interview d’agriculteurs Moose au Yatenga, observations.
Source: Doro, Toni Thomas (1991), ‘‘La conservation des eaux et des sols au Sahel :
l’expérience de la Province du Yatenga (Burkina Faso)’’, CILSS, Burkina Faso.
Autre source: Dabiré, Ferdinand (1989), “Revolutionary conservation: Villages successfully
use stones against erosion”,
Cas 8 : La technique du zaï
Détenteurs des connaissances : Agriculteurs Moose du Yatenga.
Description : Pour lutter contre l’érosion des sols, les agriculteurs du Yatenga ont développé la
technique du zaï. Le zaï, mot en langue locale décrivant à la fois l’acte de creuser en quinconce
et la rapidité qui caractérise l’acte lui-même, est décrit par les paysans en trois étapes.
La réalisation des trous
En début de saison sèche, au mois de mars, les paysans, à l’aide de pioches, creusent en
quinconce, sur leur terre aride, généralement des clairières où pratiquement rien ne peut
pousser, des trous ou cuvettes. Ces cuvettes sont espacées de 80 à
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diamètre et de 15 à
extraite au bord du trou en forme de demi-lune, en suivant la courbe de niveau, de manière à
former une barrière qui collectera et retiendra l’eau dans la cuvette. Pendant la saison sèche, ces
trous reçoivent le sable et autres matières organiques que le vent draine.
Le dépôt de la fumure organique
Dès les premières pluies, au début du mois de mai, les agriculteurs mettent dans les cuvettes
deux poignées de fumure organique, généralement des excréments d’animaux. Attirées par la
fumure organique, les termites creusent des galeries dans les cuvettes qui deviennent comme
des entonnoirs. L’eau des premières pluies crée dans les cuvettes, des poches d’humidité très
profondes qui résistent à l’évaporation. La technique du zaï permet alors la concentration dans
les cuvettes de l’eau de ruissellement et des substances nutritives créées par les termites.
Le temps des semis
La dernière étape consiste à enfouir les semences dans les cuvettes à la période des semis,
généralement en début juin. Ensuite, interviennent les deux périodes de labour, respectivement
en début juillet et en mi-août. L’année suivante, les paysans creusent de nouvelles cuvettes
entre les premières et ajoutent de la fumure organique. Au bout de cinq ans, la terre auparavant
dégradée et abandonnée, est totalement réhabilitée et donne de bonnes récoltes.
Enseignements : La technique du zaï est très efficace. Elle a permis aux agriculteurs Moose du
Yatenga de récupérer des terres dégradées, de régénérer les ressources forestières et d’accroître
ainsi leur production agricole. Cette technique est très utilisée par les communautés rurales de
la partie nord du Burkina Faso et aussi dans un pays comme le Niger où elle est appelée tassa,
terme désignant le trou ou cuvette.
Pour des agents de développement ou des organismes d’intervention en matière de lutte contre
l’érosion, en savoir plus sur cette pratique peut permettre de l’améliorer et de la vulgariser
davantage.
Méthodes utilisées : Interview d’agriculteurs Moose du Yatenga.
Source : Dialla, B. Emile (2004), ‘‘Les savoirs locaux : un capital culturel souvent occulté’’,
DT-CAPES N°2004-11, Ouagadougou, Burkina Faso.
Cas 9 : Agroforesterie
Détenteurs des connaissances : Agriculteurs Moose du Yatenga.
Description : Face à la dégradation des ressources naturelles et à la désertification due aux
aléas climatiques et à la pression démographique, les agriculteurs du Burkina Faso ont
développé quelques techniques traditionnelles de restauration du capital agro- écologique telles
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que l’agroforesterie. Les agriculteurs Moose du Yatenga utilisent la technique du zaï forestier,
une variante du zaï tel que décrit au cas précédent. La méthode du zaï forestier consiste à
entretenir les ligneux qui ont poussé naturellement dans les trous zaï. Ils sont issus de la
germination des graines d’arbres qui se trouvaient par hasard dans la matière organique
épandue dans les trous zaï. Ces semences ont été prétraitées naturellement à travers leur
passage dans le tube digestif des animaux.
Enseignements : La technique du zaï forestier est très simple et très efficace. Elle a permis aux
agriculteurs Moose du Yatenga de récupérer des terres dégradées, de régénérer les ressources
forestières et d’accroître ainsi leur production agricole. Cette technique est très utilisée par les
communautés rurales de la partie nord du Burkina Faso et au-delà des frontières du pays à
cause de son efficacité.
Pour des organismes d’intervention en matière d’agroforesterie, en savoir plus sur cette
pratique viserait à l’améliorer et à la vulgariser davantage.
Méthodes utilisées : Interview d’agriculteurs Moose du Yatenga.
Source : Nikièma, Dieudonné (1995), ‘‘L’agroforesterie en milieu rural : le cas du plateau
central du Burkina Faso’’, INADES-Formation, Envi. 3, 1781 (2), décembre, (Rapport de
recherche), Ouagadougou, Burkina Faso.
Autres sources : - CILSS (1993), Reflets Sahéliens, n°19, août.
- Baumer, M. (1987), ‘‘Agroforesterie et désertification’’, ICRAF- CTA.
- Young, A. (1989), “Agroforestry for soil conservation”, ICRAF-CAB
International.
Cas 10 : Multiplication naturelle de acacia albida par drageonnage, induit
Détenteurs des connaissances : Un agriculteur Moaaga du Passoré.
Description : Un paysan Moaaga octogénaire du Passoré pratique la régénération naturelle
assistée de acacia albida depuis plusieurs décennies. Il a réussi à faire «coloniser» son champ
par acacia albida grâce à une méthode simple qui consiste à blesser les racines de acacia
albida pour susciter des rejets par drageonnage. Ces drageons se développent très vite et
deviennent des arbres adultes au bout de sept ans. Le paysan blesse à nouveau les racines
latérales de ces derniers et il en sort d’autres drageons, et ainsi de suite.
Enseignements : Cette technique agroforestière traditionnelle est efficace dans la restauration
des sols, mais elle est une pratique très peu répandue due au long processus qu’elle implique.
Elle est transférable dans toute autre communauté, mais les chances d’une propagation rapide
sont minces. Les partenaires au développement face à une telle pratique noteront au passage
l’esprit de combativité de cet agriculteur Moaaga du Passoré, et pourraient apporter leur soutien et encouragement à ce type d’initiative.
Méthodes utilisées : Interview d’un agriculteur Moaaga du Passoré.
Source : Nikièma, Dieudonné (1995), ‘‘L’agroforesterie en milieu rural : le cas du plateau
central du Burkina Faso’’, INADES-Formation, Envi. 3, 1781 (2), décembre, (Rapport de
recherche), Ouagadougou, Burkina Faso.
Cas 11 : Traitement de la rougeole
Détenteurs des connaissances : Les paysans Moose de Boussou (Yatenga).
Description : Les paysans Moose du Département de Boussou traitent la rougeole de la
manière suivante : d’abord, verser les crottes de poule dans de l’eau et laisser macérer. Filtrer
ensuite la solution et utiliser le soluté ainsi obtenu pour préparer de la bouillie avec la farine de
céréale (mil ou sorgho). Faire boire la bouillie par le malade. Il est à noter que pour le même
mal, ces paysans peuvent vous citer plusieurs recettes différentes pour le traitement.
Enseignements : Cette pratique traditionnelle de soins soulage le malade de la rougeole. Elle
est transférable à d’autres communautés pour cette raison, et les structures modernes de santé
devraient chercher à en savoir plus à ce sujet, ceci dans le sens de vérifier sa fiabilité pour une
systématisation éventuelle.
Méthodes utilisées : Interview des paysans Moose de Boussou.
Source : Kaboré, Y. Henri et Nikièma, Dieudonné (1992), ‘‘Les pratiques et savoirs paysans en
matière de santé humaine dans le Département de Boussou (Province du Yatenga)’’, INADESFormation,
ET. 48, janvier, (Rapport d’étude), Ouagadougou, Burkina Faso.
Cas12 : Les feuilles de papayer soignent plusieurs pathologies
Détenteurs des connaissances : Les tradipraticiens du Burkina Faso.
Description : Les tradipraticiens utilisent la papaye (feuilles, graines, racines) pour soigner de
multiples maux. C’est ainsi que les feuilles vertes écrasées et mélangées au manioc (en
boisson) servent au traitement de l’ictère. Fraîches écrasées (en application locale), ces feuilles
traitent les panaris et la blennorragie. En outre, ces feuilles concassées dans de l’eau salée (en
boisson) traitent la jaunisse.
Enseignements : Dans un pays en développement comme le Burkina Faso où les médicaments
coûtent très cher, cette pratique traditionnelle en matière de soins de santé humaine à moindre
coût est courante et s’est avérée efficace. Le bénéfice qu’en tirerait toute communauté est
évident, et pour un partenaire au développement, en savoir plus à ce sujet doit déboucher sur un appui à l’amélioration, voire à la systématisation de la pratique au bénéfice des populations du Burkina Faso.
Méthodes utilisées : Interview de tradipraticiens.
Source : Ouédraogo, Delphine (1998), ‘‘Les vertus thérapeutiques de la papaye’’, Arbre et
Développement, Direction de la Foresterie Villageoise et de l’Aménagement Forestier,
Cas 13 : Le semellier (pied de chameau) guérit différents maux
Détenteurs des connaissances : Les tradipraticiens du Burkina Faso.
Description : Le piliostigma reticulatum est une plante beaucoup utilisée par les tradipraticiens
du Burkina Faso en pharmacopée traditionnelle pour soulager les céphalées, les névralgies
dentaires, les inflammations buccales et les oreillons. Les feuilles mâchées traitent les vertiges ; bouillies avec les feuilles de guiera et de securidaca, elles traitent la syphilis, les chancres, la
bronchite, le paludisme, les ulcères phadégéniques. En décoction (bain, boisson) les feuilles
traitent les crises épileptiques. Les rameaux feuillus en décoction traitent les hémorroïdes ; en
friction sur le thorax, ils traitent les affections pulmonaires.
Enseignements : De l’avis des populations qui ont eu recours à ce type de soin, le semellier
soulage effectivement des différents maux ci-dessus mentionnés, et la pratique est très
répandue pour son efficacité et son moindre coût. Les techniciens de la médecine moderne tout
comme les organismes de développement peuvent partir de cette pratique pour une
systématisation et une vulgarisation à grande échelle au bénéfice des populations rurales
burkinabè.
Méthodes utilisées : Interview de tradipraticiens.
Source : Ouédraogo, Delphine (1999), ‘‘Piliostigma reticulatum ou le petit arbre qui guérit
plaies et ulcères’’, Arbre et Développement, Direction de la Foresterie Villageoise et de
l’Aménagement Forestier, Ouagadougou, Burkina Faso, AD n°24, 1e trimestre, 27-29.
Cas 14 : Traitement d’une morsure de serpent
Détenteurs des connaissances : Les paysans Moose de Boussou (Yatenga).
Description : Pour le cas de la morsure de serpent, la victime, selon les paysans Moose de
Boussou, peut contenir l’effet du venin et atteindre son domicile en portant sur sa tête une
termitière. Cette pratique courante en milieu rural aurait un effet calmant. Pour le traitement de
la morsure de serpent, entre autres recettes, les paysans de Boussou préconisent de se procurer
deux racines de feretia apodanthera ou finninga en langue moore. On remet la première racine
à la victime qui la mâche et en avale le jus. La victime répète le même geste avec la deuxième
racine. Cette formule, affirment les paysans de Boussou, est surtout efficace pour les cas de
morsure de vipère ou de naja.
Enseignements : Pour cette pratique tout à fait atypique, mais qui est très courante dans les
communautés villageoises moose, l’enseignement qu’on en tire est surtout culturel. Elle nous
donne une idée des croyances populaires en milieu moaaga ; mais comme il s’agit d’une
pratique qui peut mettre la vie de l’individu en péril, son transfert à d’autres communautés n’est
certainement pas conseillé.
Méthodes utilisées : Interview des paysans Moose de Boussou.
Source : Kaboré, Y. Henri et Nikièma, Dieudonné (1992), ‘‘Les pratiques et savoirs paysans en
matière de santé humaine dans le Département de Boussou (Province du Yatenga)’’, INADESFormation,
ET. 48, janvier, (Rapport d’étude), Ouagadougou, Burkina Faso.
Cas 15 : Classification des maladies animales
Détenteurs des connaissances : Les Peul de Roangtenga, Gemsgo et Guebadin.
Description : L’élevage et l’agriculture constituent les principales activités des populations
rurales du Burkina Faso. Au niveau de la production animale, la santé des animaux demeure
une des préoccupations majeures des pasteurs et agropasteurs. Ainsi, le recours aux remèdes
traditionnels à base de plantes est assez répandu. Cette pratique est surtout développée chez les
éleveurs Peul. Par exemple, les pratiques locales en santé animale chez les pasteurs Peul de
Roangtenga, Gemsgo et Guebadin constituent tout un système à plusieurs niveaux qui
commence par la classification locale des maladies animales. Deux groupes de maladies ont été
distingués à savoir, les maladies à causes « supra-naturelles » et celles à causes physiques
matérielles descriptibles. Cinq éléments peuvent être retenus comme base fondant la taxonomie
des pathologies par les éleveurs Peul. Ce sont :
- la localisation physique du symptôme ou de l’affection sur le corps de l’animal (ex :
Bãoko ou épaule en moore pour désigner le charbon symptomatique ; Nao-kaongo ou
fracture de la patte) ;
- le signe caractéristique typique du mal (ex : No-k]um ou mortalité des volailles ;
Gugaare ou hygromas dans la brucellose) ;
- la ressemblance des symptômes ou signes cliniques de la maladie avec un phénomène
ou des objets connus dans le milieu (ex : Baninga ou grains de sorgho blanc pour la
ressemblance avec les petits kystes de la cysticercose porcine) ;
- la cause probable ou connue de la maladie (ex : Maasre ou humidité ou fraîcheur chez
les Moose, et Buubal ou la grande mouche chez les Peulh pour la trypanosomiase
animale ; Mboddi en fulfulde ou Waafo en moore pour les morsures de serpent) ;
- l’appellation locale de l’entité pathologique, c’est-à-dire le mal lui- même lorsqu’il est
visible comme c’est le cas des plaies (ex : Nodre ou plaie en moore ; Kukuluga pour les
coliques gastriques).
Enseignements : Cette classification donne aux Peul une meilleure connaissance des maladies
animales et leur signification, ce qui permet un meilleur diagnostic et l’application du
traitement approprié. La classification des maladies animales est pratiquée par la quasi totalité
des agropasteurs du Burkina Faso. Pratique courante en matière de santé animale, elle pourrait
servir de guide aux organismes de développement et à la médecine vétérinaire moderne pour
une intervention beaucoup plus efficace. En outre, la communication sur la base de la
classification locale se fera aisément entre éleveurs et spécialistes de la santé animale.
Méthodes utilisées : RRA, interview de pasteurs Peul, observations de cas cliniques.
Source : Tamboura, Hamidou et al. (1997), “The recovery and utilisation of Fulani pastoralists’
indigenous knowledge on animal healthcare, herd management and ethnoveterinary medicine,
and its sharing with Mossi agriculturalists in
Development Foundation).
Cas 16 : Organisation traditionnelle d’entraide
Détenteurs des connaissances : Les Bissa dans le Boulgou.
Description : Il ressort des enquêtes socio-économiques d’une étude conduite dans la province
du Boulgou que la population de la zone d’étude, majoritairement des Bissa, a su depuis
combiner harmonieusement en agriculture, travail collectif et travail individuel et par
association. Deux formes courantes d’organisation traditionnelles sont pratiquées : le
« Yawole » ou « Susoaaga » chez les Moose ou invitation de culture, et le « Yewole » ou
« Songtaaba » qui est une association d’entraide pratiquée surtout chez les jeunes Bissa quand
ils cultivent en groupe chez leur belle-mère ou sur leurs propres parcelles.
Ces structures traditionnelles d’entraide sont informelles, et leur existence est saisonnière et
épisodique. Elles remplissent une fonction sociale vitale qui est la cohésion villageoise ou
intervillageoise. Ces formes d’organisation traditionnelles, parce qu’elles émanent des
populations elles- mêmes et reflètent de ce fait leurs valeurs (pratiques et savoirs techniques),
constituent généralement la base essentielle sur laquelle peuvent se construire durablement des
actions de développement.
Enseignements : Les structures traditionnelles d’entraide, en ce qu’elles sont spontanées et
librement consenties, peuvent servir de base pour la mise en place d’organisations paysannes
réellement viables. Structures de cohésion sociale, elles sont bénéfiques à toute autre
communauté qui s’organiserait de cette façon.
Pour un organisme de développement, l’utilisation de ces structures peut être un tremplin vital
pour des actions de développement durable.
Méthodes utilisées : Observations et interview d’agriculteurs Bissa.
Source : Dialla, B. Emile, Bationo, Claude et Ouédraogo, S. Maxime (1998), ‘‘Etude de
l’impact du barrage de Bagré et de ses aménagements sur l’état de santé des populations :
Enquêtes socio-économiques’’, DMP / MOB, juin, (Rapport provisoire), Ouagadougou,
Burkina Faso.
Autre source : Ouédraogo L. Bernard, ‘‘De l’Association Traditionnelle Kombi- Naam à
l’Association Internationale Six ‘S’ (Se Servir de la Saison Sèche en Savane et au Sahel)’’,
Ouahigouya, Burkina Faso, (document inédit).
Adresse : Association Internationale Six ‘S’, BP 100, Ouahigouya, Tél : (226) 50-55-00-38,
(Burkina Faso).
Cas 17 : Système de communication autochtone : les soufflets
Détenteurs des connaissances : Les forgerons (une caste) du Burkina Faso.
Description : Certains systèmes sémiologiques, plutôt que d’être véhiculés par des instruments
de musique, sont associés à des objets utilisés dans le cadre du travail. C’est le cas des soufflets de la forge qui peuvent servir pendant le travail aussi bien pour scander des rythmes élaborésque pour transmettre des messages. Certains motifs rythmiques en effet deviennent une sorte detranscription d’énoncés de la langue naturelle, faisant du langage des soufflets, un moyen decommunication qui se veut secret à l’intérieur d’un groupe socio-professionnel comme la castedes forgerons en pays moaaga au Burkina Faso. Ce caractère interne qui semble différencier cette forme de langage de certains langages tambourinés aux destinataires multiples, est lié aux caractéristiques sonores des soufflets peu audibles à longue distance comme celles du tambour.
Enseignements : Ce type de communication est propre à un groupe donné. Une étude de ce
type de communication permet une meilleure connaissance de ce groupe socioprofessionnel
qu’est la caste de forgerons au Burkina Faso. Ce système de communication peut être un bon
canal pour véhiculer des messages de sensibilisation et de promotion sociale au sein de la
communauté des forgerons.
En savoir plus sur ce système de communication donne aux organismes de développement et de recherche intéressés une idée de la culture du groupe concerné, ce qui donnerait plus de chance de succès aux actions à entreprendre en faveur de ce groupe.
Méthodes utilisées : Enregistrements sonores, interview de forgerons Moose.
Source : Calderoli, Lidia (1996), ‘‘Notes sur le langage des soufflets chez les forgerons Mõose
(Wubr-tenga, Burkina Faso): une forme de communication de travail’’, Ethnographie 92, (1)
Printemps n°119.
Cas 18 : Système de communication autochtone : le tambour
Détenteurs des connaissances : Les Moose du Burkina Faso.
Description : Dans les sociétés dites de tradition orale, le support essentiel des mécanismes de communication est d’ordre sonore, vocal et / ou instrumental. Le langage tambouriné, très
développé chez les Moose du Burkina Faso est à la fois communication sonore instrumentale,
mais aussi transmission de messages verbaux. Les sons du tambour expriment l’ensemble
d’une phrase comme configuration sonore, avec son propre style régi par l’effet émotif des
sons, en même temps que par les dispositions techniques de la batterie. Le langage tambouriné intègre les trois éléments de base de la communication sonore à savoir, l’émetteur du message sonore, son récepteur, et le lieu de sa transmission. Moyen de communication populaire, le tambour est aussi utilisé dans des contextes à caractères rituel, auquel cas il est exigé de l’émetteur d’être proprement qualifié pour les circonstances.
Enseignements : Cette forme de communication populaire permet aisément de toucher le plus
grand nombre de personnes possible dans les zones rurales. Communiquer par le son du
tambour est une pratique courante en milieu rural burkinabè. La communication peut s’opérer
au niveau intra- villageois ou inter- villageois.
Pour des partenaires au développement, une meilleure connaissance de ce système de
communication donne la carte d’identité culturelle de la communauté en question. Cette forme de communication peut du même coup servir de canal efficace pour véhiculer des messages à but promotionnel.
Méthodes utilisées : Enregistrements sonores, interview de tambourinaires dans quelques
localités moose du Burkina Faso dont Tenkodogo.
Source : Kawada, Junzo (1997), Institut de Recherches sur les Langues et Cultures d’Asie et
d’Afrique, Tokyo.
19
Autres sources : - Kawada, Junzo (1993), ‘‘Réflexion sur l’ambiguïté formelle dans la
transmission de message non-vocale, autour du langage tambouriné des Mossi du Burkina
Faso’’, in : Etudes Sémiotiques, 13, Tokyo : Société Japonaise de Sémiotique : 17-37 ;
- Kawada, Junzo et al. (1996), ‘‘Etude sur le langage tambouriné comme
système de communication dans certaines sociétés africaines’’, Tokyo, Institut de Recherches
sur les Langues et Cultures d’Asie et d’Afrique.
Cas 19 : Savoir local en matière de prédiction des pluies
Détenteurs des connaissances : Agriculteurs Moose du village de Bonam (Namentenga).
Description : Le savoir paysan en matière de prédiction des pluies comprend des répertoires
populaires et des répertoires spécialisés.
Savoir populaire de prédiction des pluies
Ce savoir populaire ou partagé est détenu par les paysans expérimentés (des vieillards le plus
souvent) qui formulent des hypothèses à propos de la saison hivernale en observant des
phénomènes naturels tels que la période, l’intensité et la durée des températures froides au
début de la saison sèche (novembre-janvier). Les paysans croient que le froid intense (moins de15°C) à cette période correspond à des pluies abondantes pendant la saison pluvieuse, et que si cette période de froid commence tôt ou finit tard, les pluies en feront de même. Après la période froide-sèche vient une période chaude-sèche (février-avril) : on croit que la chaleur
intense à cette période prédit aussi une bonne pluviométrie.
La production de fruits par certains arbres d’essence locale, qui intervient entre avril et juin, est également un indicateur de prédiction. Selon les paysans, beaucoup de fruits de taanga en
moore ou karité (Butyrospermum parkii) et de sibga ou raisins sauvages (Anogeissus
leiocarpus) annoncent une saison favorable. Par contre, la production abondante de fruits
d’arbres comme le noabga ou prunier (Sclerocarya) et le sãbtuluga ou variété de raisins
sauvages (Lannea acida) est liée à la sécheresse.
Les arbres sont aussi utilisés comme des signes de l’approche des pluies. Quand sibga
commence à donner des fruits et sãbtuluga perd ses feuilles, les paysans savent qu’ils doivent
s’apprêter pour semer.
Les femmes observent aussi le comportement des insectes aux points d’eau et dans les tas
d’ordures hors des concessions. Par exemple, si bugvãre, des insectes noirs de l’espèce des
Orthoptera remplissent leurs nids creusés dans les tas d’ordures avec de la terre (symbolisant
ainsi un grenier plein), les femmes disent espérer une bonne saison agricole.
20
Certains vieux sont aussi capables d’interpréter les mouvements de la constellation et les
phases lunaires. Par exemple, les phases visibles de la lune, surtout la pleine lune, véhiculent
plus de probabilité de sécheresse que les phases sombres, parce que le clair de lune exerce une
force qui empêche la pluie de tomber.
Savoir spécialisé de prédiction des pluies
Ce savoir ésotérique ou sélect est détenu par les spécialistes de la culture et des rites qui tirent
des prédictions de la divination, des visions ou des rêves.
A la différence de l’observation de phénomènes naturels qui s’offrent à la majorité des paysans, la divination et autres pratiques occultes relèvent de la prérogative de groupes ou individus sélects ou initiés. Le plus autoritaire d’entre eux est le tengsoaba (le chef de terre), le doyen des descendants du clan qui a été le premier occupant des lieux. Il accomplit les sacrifices pour intercéder entre les vivants et les esprits ancestraux et de la terre qui habitent les lieux de culte, et dont certains influencent la pluie. Les prédictions sont formulées à partir du comportement des animaux sacrifiés (généralement un poulet), le temps qu’ils mettent avant de tomber, la direction dans laquelle ils tombent, la position du corps quand ils tombent et l’endroit où le sang se répand. Le tengsoaba et autres spécialistes traditionnels peuvent aussi recevoir des prédictions de pluies des ancêtres ou divinités sous la forme de rêves ou visions.
A la différence du tengsoaba qui peut seulement faire des prédictions et offrir des sacrifices
pour intercéder en faveur des populations, il y a d’autres spécialistes redoutables appelés sa
tatba ou commandeurs de pluie. Mais leur pouvoir est craint parce qu’ attirer la pluie est
considéré comme mettre en danger à la fois les praticiens et la communauté, à cause de la
violence des vents et des averses, mais également des éclairs et de la foudre que cela
occasionne.
Enseignements : Les météorologistes pourraient s’appuyer sur la compréhension locale de la
relation entre les températures et la tombée de pluie pour expliquer les aspects techniques des
prédictions scientifiques de pluie basées sur les températures à la surface de la mer. Les
interprétations paysannes des mouvements du vent reconnaissent aussi la mer comme l’origine des pluies. Durant la saison sèche, les paysans s’attendent à ce que les vents soufflent vers l’ouest, c’est-à-dire, aller prendre de l’eau à l’océan, et puis revenir en soufflant vers l’est au début de la saison hivernale. Les paysans de Bonam avaient prédit et expliqué une sécheresse qui avait sévi dans leur localité à partir de l’absence de tels vents.
Les paysans sont réceptifs et désirent bien recevoir les prédictions scientifiques en raison du
peu de fiabilité des prévisions locales dû à la variabilité croissante du climat. En effet, les vieux de Bonam se rappellent que dans le passé, ils étaient capables de prédire le début des pluies avec une telle précision qu’ils pouvaient mobiliser la main-d’oeuvre familiale à semer à sec, sachant que la pluie suivrait bientôt ; mais à présent, leurs fils refusent d’aller au champ tant
qu’il n’a pas effectivement plu. Il faut donc intégrer les deux systèmes de prédiction, et cela
passe par une compréhension des modèles culturels locaux, étape essentielle pour une
transmission effective des produits de la recherche aux paysans.
Méthodes utilisées : Observations et interviews d’agriculteurs et du chef de terre de Bonam.
Source: Roncoli, C., Ingram, K., Kirshen, P. & Jost, C. (2001), “
Indigenous and Scientific Rainfall Forecasting”, CFAR Project, Society and Natural Resources,
Vol. 15.
Cas 20 : Savoir local en matière de production du fer
Détenteurs des connaissances : Forgerons de Dablo (Sanmatenga).
Description : Avant toute opération de production de fer, il faut demander la bénédiction des
dieux et des ancêtres. Une fois cette bénédiction acquise, on passe à l’étape de la construction
du fourneau. Le fourneau, généralement construit à l’avance, est fabriqué avec de l’argile
mélangé à de la paille hachée. Il peut être soit aérien, semi-aérien ou souterrain. De forme
cylindrique, il peut atteindre 1 à
l’opération de production du fer peut réellement commencer. D’abord, on allume le feu avec
deux pierres en silex frottées entre elles avec de la paille (cela tient lieu d’allumettes). Le feu
allumé, on bourre le fourneau au fur et à mesure de paille, l’objectif étant d’avoir un fond de
cendre pour éviter que le fer, qui sera extrait, ne se colle à la terre. Lorsque le fond est jugé
suffisant, on remplit le fourneau de charbon de bois. Le fourneau, à travers une ouverture au
bas, est alors connecté à deux grands soufflets préalablement préparés. Ces soufflets qui
serviront à attiser le feu sont fabriqués à partir de deux pots recouverts de peaux. La technique
du soufflet est une technique qui nécessite la maîtrise du mouvement alterné des deux bras pour donner le maximum de puissance au souffle. Après avoir brûlé une quantité importante de charbon de bois, on ajoute du fondant (sorte de catalyseur), puis au fur et à mesure du charbon
et du minerai de fer. Plus le charbon se consume, plus on ajoute du minerai. L’effet de chaleur
à l’intérieur du fourneau peut atteindre alors
atteindre ainsi 60 à
De temps en temps, on fait une ouverture au bas du fourneau pour extraire les résidus et voir en même temps si le fer coule. C’est au bout de 5 à 6 heures de dur labeur que le fer se met enfin à couler. Après la production vient l’étape de la transformation qui consiste à travailler le fer incandescent par un martèlement soutenu jusqu’à ce qu’il épouse la forme de l’objet désiré.
Enseignements : Même si cette activité n’est pas de nos jours économiquement rentable et est
même en voie de disparition (les recherches du Professeur Kiéthéga, Archéologue à
l’Université de Ouagadougou, évoquent en effet que les derniers hauts fourneaux de production de fer au Burkina Faso se sont éteints après la Seconde guerre mondiale), la production ancestrale du fer reste un fait culturel d’un grand intérêt, témoignant ainsi de la richesse de nos traditions qui ont fait la gloire de nos communautés rurales.
Méthodes utilisées : Reportage de l’évènement initié par l’Association Culturelle Passaté.
Source : Dabilgou, W. Antoine (2005), ‘‘Production ancestrale du fer : l’évènement vécu à
Dablo dans toute son authenticité’’, Sidwaya N°5296 du 19 mai, Burkina Faso, p. 20-21.
Conclusion
Les savoirs locaux, comme le suggèrent ces études de cas, constituent non seulement un pan
important de la culture de tout groupe social, mais sont surtout d’une fiabilité telle que les
sociétés traditionnelles les ont exploités avec succès et pendant longtemps pour assurer la
survie du groupe.
En effet, ces savoirs ont été développés, pratiqués et transmis de génération en génération et ont fait leurs preuves. Ils sont complémentaires au système de savoir moderne et peuvent servir de tremplin pour impulser le développement tel que le démontrent les cas présentés. En outre, le champ de connaissances des populations rurales a une dimension holistique, comprenant un large éventail d’expériences humaines touchant tous les domaines possibles.
Dans tous ces domaines, chaque groupe social a développé un savoir pouvant atteindre un
degré de sophistication insoupçonné.
Les savoirs locaux constituent de ce fait, une ressource nationale vitale, mais très souvent
inexploitée. Dans le pire des cas, cette ressource risque de disparaître si elle n’est pas
documentée, préservée et intégrée systématiquement dans les programmes de développement.
Un devoir d’inventaire s’impose donc, et cette présentation d’études de cas se veut un prélude à une recherche plus vaste et approfondie qu’une équipe pluridisciplinaire pourrait mener afin de dresser un état des lieux des savoirs locaux au Burkina Faso, tout en mettant en exergue les
‘‘bonnes pratiques’’ et l’utilisation qu’on peut en faire dans l’optique d’impulser un
développement socio-économique durable.
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